Chroniques culinaires

Recevoir à la bière serait bon pour la santé

Auteur : Import Process

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Recevoir à la bière serait bon pour la santé

Recevoir à la bière serait bon pour la santé. En boire avec modération réduirait les risque de maladie cardiovasculaire en haussant le taux de bon cholestérol, sans faire prendre de poids!

Recevoir à la bière serait bon pour la santé. En boire avec modération réduirait les risque de maladie cardiovasculaire en haussant le taux de bon cholestérol, sans faire prendre de poids!

Blanche, blonde, rousse, brune ou noire, l'offre de bière se diversifie et la célèbre boisson sort des bars pour se retrouver sur la table de nombre de gastronomes. Fini le temps où elle était cantonnée aux soirées BBQ et aux épluchettes de blé d'Inde. Elle s'associe désormais aussi bien aux poissons qu'aux fromages et aux grillades. «Les accords avec le fromage, on est un peu tanné, et ce ne sont pas les seuls. Les gens découvrent que la bière peut accompagner tout un repas, au même titre que le vin», explique Renée-Claude Beauchemin, maître-brasseuse, Brasserie Labatt.

Côté goût et diversité de saveur, la bière peut avantageusement remplacer le vin, soutiennent Mme Beauchemin et Mario D'Eer, auteur de nombreux ouvrages sur la bière. Mais qu'en est-il sur le plan de la santé? D'abord, contrairement à une croyance largement véhiculée, la bière ne fait pas grossir. Des études récentes montreraient que boire modérément, soit un maximum de deux verres par jour, n'aurait aucune incidence sur la corpulence. Il faudrait plutôt montrer du doigt les habitudes alimentaires des gros buveurs.

 

La bière, bonne pour la santé

Les recherches démontrent qu'une consommation modérée d'alcool (un à trois verres par jour) réduit de manière considérable le risque de maladie coronarienne, principale cause de décès prématuré dans le monde développé. Ils estiment que le vin et la bière sont aussi efficaces, le principal agent protecteur étant l'alcool ou l'éthanol.

La bière contient davantage de protéines et de vitamines B que le vin. Les ingrédients de base de la bière: l'eau, le malt, la levure et le houblon, en font un breuvage riche en vitamines, notamment du groupe B, et en folates, qui permettent de faire baisser le taux d'homocystéine. Une grande présence de cet acide aminé dans le sang augmente le risque de maladies cardiovasculaires.

Des études suggèrent que certains ingrédients phytochimiques, issues de plantes, dont plusieurs se retrouvent dans le houblon et le malt, peuvent offrir des effets anticancer. La bière est également une riche source de vitamines, incluant la niacine, la riboflavine et l'acide folique.

 

La bière, bonne pour le coeur

Des études montrent que la consommation d'un ou deux verres d'alcool par jour est associée à une réduction du risque d'au moins 30 % du risque de maladie coronarienne. 5, 6, 7 Des chercheurs de l'École de santé publique de Harvard ont conclu pour leur part que les hommes qui boivent trois jours par semaine ou plus ont un risque de 35 % plus faible de souffrir de maladie coronarienne que ceux qui s'abstiennent. 8  

Ces résultats s'ajoutent à ceux d'une étude publiée en 2006 dans la revue médicale Stoke indiquant qu'une consommation modérée d'alcool est associée à une diminution du risque d'accident vasculaire ischémique, indépendamment d'autres facteurs de risque. 9 L'accident vasculaire ischémique est très semblable à la crise cardiaque, sauf qu'il consiste en un blocage des artères dans le cerveau, plutôt qu'un blocage des artères qui amènent le sang au coeur. De plus, l'incidence d'accidents vasculaires ischémiques serait plus basse chez les buveurs légers que chez les non-buveurs.

Près de la moitié de l'effet protecteur contre les maladies coronariennes est un effet à long terme d'une augmentation du taux de cholestérol Lipoprotéine de haute densité (HDL) - le prétendu « bon » cholestérol. 10, 11, 12  L'autre moitié serait en partie attribuable à un effet inhibitoire à court terme de l'alcool sur la coagulation de sang. 13, 14, 15

 

Exit le mauvais cholestérol

De nombreuses études mettent en exergue les propriétés du vin rouge et de la bière dans l'augmentation du taux de «bon» cholestérol (HDL) et dans la réduction du «mauvais» et du «très mauvais» cholestérol (LDL et VLDL). Ces types d'alcool sont riches en flavonoïdes et autres phénols, ainsi qu'en éthanol, qui permettent d'accroître le taux de cholestérol HDL dans le sang. Selon une étude parue en mars 2001 dans Better Nutrition, la bière - notamment la bière brune - empêche également l'oxydation du LDL et du VLDL.

 

La bière contre le diabète?

Selon des travaux américains, la consommation modérée régulière de vin ou de bière protégerait du diabète de type 2, alors que la consommation d'alcools forts favoriserait son apparition. Le risque de développer la forme de diabète sucré qui débute à l'âge adulte serait plus bas d'un tiers chez les buveurs modérés que chez les abstentionnistes. On n'en sait cependant peu sur les mécanismes qui relient la consommation d'alcool et le risque de diabète.16, 17, 18, 19

 

Autres effets sur la santé de la bière

La bière contient beaucoup de potassium et peu de sodium, un équilibre parfait pour une faible tension artérielle. Elle contient peu de calcium et beaucoup de magnésium, ce qui peut expliquer l'effet protecteur contre les calculs biliaires et rénaux. 20, 21, 22  Enfin, la bière est une source de silicium, qui joue un rôle important au niveau de la solidité des os et de la lutte contre l'ostéoporose.

L'absorption d'alcool a aussi été associée à une réduction du risque d'arthrite rhumatoïde chez les femmes (l'effet est indéterminé chez les hommes) et à une réduction du risque de démence et de la maladie d'Alzheimer selon une étude néerlandaise récente (2002). 23, 24

La bière est également une source d'antioxydants qui peuvent intervenir dans la prévention du cancer. Ces antioxydants proviennent du malt et du houblon. La bière contient moitié moins d'antioxydants que le vin rouge. Toutefois, l'absorption par l'organisme d'antioxydants contenus dans la bière est plus importante que ceux contenus dans le vin, car les molécules sont plus petites.

Ces études prennent en considération une consommation modérée de bière. Au delà, les risques pour la santé et de dépendance augmentent. Aussi, il n'est pas recommandé de commercer à boire de la bière à titre préventif!

 

Suggestion de lecture

Les 100 meilleures bières 2011, Alain McKenna et Richard Prieur, Éditions Transcontinental, 2001, 296 pages.

 

Saviez-vous que?

Le Québec compte 75 microbrasseries, dont 28 brasseurs artisans qui ne vendent que dans leur établissement, produisant 360 000 hectolitres de bière par année, soit 4,5 millions de caisses de 24.

 

Références

1- Preedy, Victor (editor). Beer in Health and Disease Prevention, London, United Kingdom: 2008.

 

2- Walker, Caroline and Baxter, E.D. "Health-Promoting Ingredients in Beer", MBAA Technical Quarterly, Vol 37, No. 2, 2000, 301-305.

 

3- Williams, David and Philpott, Jeremy. "A pint a day...", Chemistry in Britain, December 1996.

 

4- 30. Cohen, S. "Smoking, alcohol consumption, and susceptibility to the common cold", American Journal of Public Health, 1993; 83:1277-1283.

 

5- Thun, M.J. et. al. "Alcohol consumption and mortality among middle-aged and elderly U.S. adults", New England Journal of Medicine, 1997;337:1705-1714.

 

6- Pearson, T.A. "Alcohol and heart disease (American Heart Association Science Advisory)", Circulation, 1996; 94:3023-3025.

 

7- Marmot, M. and Brunner, E. "Alcohol and cardiovascular disease: the status of the U-shaped curve", British Medical Journal, 1991; 303:565-568.

 

8- Mukamal, K.J. et. al. "Roles of Drinking Pattern and Type of Alcohol Consumed in Coronary Heart Disease in Men", New England Journal of Medicine, page 109-118, Jan. 9, 2003.

 

9- Mitchell, SV. et. al. "Moderate consumption reduces the risk of ischemic stroke", Stroke, 2006: 37:13-19.

 

10- Ridker, P.M. et. al. "Association of moderate alcohol consumption and plasma concentration of endogenous tissue-type plasminogen activator", Journal of the American Medical Association (JAMA), 1994; 272:929-933.

 

11- Rubin, R. and Rand, M.L. "Alcohol and platelet function", Alcohol Clin Exper Res, 1994; 18:105-110.

 

12- Perry, I.J. et. al. "Prospective study of risk factors for the development of non-insulin-dependent diabetes in middle age British men", British Medical Journal, 1995;310:560-564.

 

13- Rimm, E.B. et. al. "Prospective study of cigarette smoking, alcohol use, and the risk of diabetes in middle aged British men", British Medical Journal, 1995; 310:555-559.

 

14- Gurwitz, J.H. et. al. "Risk factors for non-insulin-dependent diabetes mellitus requiring treatment in the elderly", Journal of the American Geriatric Society, 1994, 42:1235-1240.

 

15- Stampfer, M.J. et. al. "A prospective study of moderate alcohol drinking and risk of diabetes in women", American Journal of Epidemiology, 1988, 128:549-558.

 

16- Martinez de Pancorbo, C. et. al. "Prevalence and associated factors for gallstone disease: results of a population survey in Spain", Journal of Clinical Epidemiology, 1997;50:1347-1355.

 

17- La Vecchia, C. et. al. "Alcohol drinking and prevalence of self-reported gallstone disease in the 1983 Italian national health survey", Epidemiology, 1994; 5:533-536.

 

18- Kono, S. et. al. "Prevalence of gallstone disease in relation to smoking, alcohol use, obesity, and glucose tolerance: a study of self-defense officials in Japan", American Journal of Epidemiology, 1992:136:787-794.

 

19- Voight, L.F. et. al. "Smoking, obesity, alcohol consumption, and the risk of rheumatoid arthritis", Epidemiology, 1994:5:525-532.

 

20- Hazes, J.M. et. al. "Lifestyle and the risk of rheumatoid arthritis: cigarette smoking and alcohol consumption", Ann Rheum Dis, 1990: 49:525-532.

 

21- Cohen, S. et. al. "Social ties and susceptibility to the common cold", Journal of the American Medical Association (JAMA), 1997; 277:1940-1944.

 

22- Brenner, H. et. al. "Relation of smoking and alcohol and coffee consumption to active Helicobacter pylori infection: Cross-sectional study", British Medical Journal, 1998, 7121:1489-1492.

 

23- Baum-Baicker, C. "The psychological benefits of moderate alcohol consumption: a review of the literature", Drug and Alcohol Dependence, 1985;15:305-322.

 

24- Feskanich, D. et. al. "Moderate alcohol consumption and bone density among postmenopausal women", Journal of Womens Health, 1999; 8:65-73.

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