Coin lecture
31 mai 2016

Les aliments contre le cancer, la prévention du cancer par l'alimentation

Par Richard Béliveau Ph. D. et Denis Gingras Ph. D.

Les aliments contre le cancer, la prévention du cancer par l'alimentation Auteur : Groupe Librex

Coin lecture
31 mai 2016

Les aliments contre le cancer, la prévention du cancer par l'alimentation

Par Richard Béliveau Ph. D. et Denis Gingras Ph. D.

Une décennie après sa première publication, une nouvelle édition du livre Les aliments contre le cancer, la prévention du cancer par l'alimentation voit le jour, comprenant de nouveaux aliments et un bilan des dernières découvertes de la recherche quant à la prévention du cancer.

Voici quelques lignes sur les auteurs ainsi qu'un aperçu en 15 aliments de ce que l'ouvrage vous propose.

Richard Béliveau, docteur en biochimie, est directeur du laboratoire de médecine moléculaire à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), où il est directeur scientifi que de la Chaire en prévention et traitement du cancer. Il a été professeur de chirurgie et de physiologie à la faculté de médecine de l’Université de Montréal et titulaire de la Chaire de neurochirurgie du CHUM. Le Dr Béliveau a été également chercheur associé au Centre de prévention du cancer du département d’oncologie de l’Université McGill, membre du Groupe de thérapie expérimentale du cancer de l’Hôpital général juif de Montréal, professeur titulaire de biochimie à l’UQAM et membre de la Coalition priorité cancer au Québec. Il est fondateur scientifique de l’entreprise Angiochem, qui développe des nouvellesthérapies pour les maladies du cerveau. Auteur de plus de 240 publications dans des revues médicales à l’échelle internationale, il signe la première édition des Aliments contre le cancer (Prix du grand public du Salon du livre de Montréal 2006), Cuisiner avec les aliments contre le cancer, La Santé par le plaisir de bien manger (Prix du grand public du Salon du livre de Montréal 2009) et La Mort, tous parus chez Trécarré et tous best-sellers au Québec, traduits en 27 langues et distribués dans 35 pays.

Denis Gingras, docteur en physiologie, a été pendant quinze ans chercheur spécialisé en oncologie au service d’hémato-oncologie de l’Hôpital Sainte-Justine, à Montréal. Aujourd’hui, il consacre l’essentiel de ses activités professionnelles à l’écriture d’ouvrages de vulgarisation scientifi que, notamment La Douleur (2012) et Concevoir (2013), publiés chez Trécarré.

Pour plus de détails sur le livre, consultez la fiche de l'éditeur.

 

Un filet d'huile d'olive avec ça?

Composés phytochimiques : Acide oléique, oléocanthal, hydroxytyrosol, taxifolline

Principaux cancers : Sein, côlon

Le régime alimentaire des peuples vivant aux abords de la mer Méditerranée présente de nombreux effets positifs sur la santé, notamment pour la prévention des maladies cardiovasculaires et de plusieurs types de cancers.

Rien d’étonnant d’ailleurs, car il s’agit d’une alimentation exemplaire, riche en fruits et légumes, riche en gras mono-insaturés et polyinsaturés oméga-3, dans laquelle les sucres complexes des fibres ou des céréales sont les sources principales de glucides et où les protéines proviennent principalement des poissons et légumineuses au lieu des viandes rouges.

Des études populationnelles montrent que les personnes qui adhèrent à un régime alimentaire de type méditerranéen ont environ 15 % moins de risques d’être touchées par le cancer.

L’huile d’olive semble être la grande responsable de cet effet protecteur, car une étude clinique randomisée a récemment montré que les femmes qui adhérent à un régime méditerranéen enrichi en huile d’olive ont 40 % moins de risques de développer un cancer du sein.

Puisque les essais randomisés sont considérés comme la référence ultime en recherche clinique (les sujets sont répartis au hasard, ce qui minimise les distorsions statistiques), la diminution drastique du risque de cancer du sein observée à la suite de l’adhésion au régime méditerranéen représente donc une des meilleures preuves à ce jour du rôle capital joué par l’alimentation dans la prévention de ce cancer.

Il est important de privilégier les huiles vierges ou extra-vierges, autant pour leur goût supérieur que pour leur impact sur la santé. Ces huiles contiennent les polyphénols qui sont présents dans les olives de départ, une présence qu’il est très facile à déterminer: un de ces polyphénols, l’oléocanthal, provoque une sensation de chatouillement ou de picotement au niveau de la gorge, ceci est une conséquence de son interaction spécifique avec des récepteurs présents exclusivement au niveau du pharynx. Donc plus ça pique, meilleure est l’action anti-inflammatoire de l’huile d’olive!

 

Vous prendrez bien une tasse de thé?

Composés phytochimiques : Épigallocatéchine gallate

Principaux cancers : Côlon, estomac

De tous les végétaux qui font partie de l’alimentation humaine, les feuilles de Camellia sinensis sont celles qui renferment la plus grande proportion de molécules anticancéreuses.

Une seule tasse de thé vert peut contenir jusqu’à près de polyphénols (flavonols, acides phénoliques, catéchines), notamment l’épigallocatéchine gallate (EGCG), la principale molécule responsable des effets bénéfiques du thé vert sur la santé.

Plus de 11 000 études scientifiques ont montré que l’EGCG est une molécule polyvalente, capable d’interférer avec une foule de processus utilisés par les cellules cancéreuses pour croître et envahir les organes.

L’importance de ces multiples activités biologiques est bien illustrée par la réduction marquée du risque de plusieurs cancers qui est associée à la consommation régulière de thé vert, en particulier celui du côlon. 

Les thés verts japonais, plus riches en catéchines, sont la meilleure source d’EGCG, surtout si les feuilles sont infusées de huit à dix minutes pour extraire le maximum des molécules présentes.

Il est préférable d’éviter de boire le thé trop chaud, car les températures élevées semblent contrecarrer les réductions du risque de cancer de l’estomac observées chez les personnes qui consomment régulièrement ce breuvage.

 

Les noix, ces petites bombes de bienfaits

Composés phytochimiques : Acide linolénique, composés phénoliques

Principaux cancers : Sein, côlon, prostate

Les fruits et graines oléagineux sont des aliments exceptionnels qui ont été pendant trop longtemps laissés-pour-compte en raison de la phobie envers tout ce qui contient du gras.

Pourtant, il s’agit probablement d’une des classes d’aliments qui exercent le plus d’effets bénéfiques sur la santé! Plusieurs observations indiquent en effet que la simple consommation de 3 portions de noix par semaine peut réduire le risque de mort prématurée d’environ 30 %, conséquence d’une réduction significative du risque de maladies du cœur, de diabète de type 2, de maladies respiratoires et de cancer. Dans ce dernier cas, un effet protecteur contre les cancers du côlon et de la prostate  a été suggéré et pourrait être lié au contenu élevé des noix en oméga-3 anti-inflammatoire, fibres et composés phénoliques. Récemment, la consommation régulière de noix (deux fois par semaine) a été associée à une réduction importante du risque de cancer du pancréas, possiblement en prévenant le diabète de type 2 qui est un important facteur de risque pour ce cancer.

Du point de vue botanique, les noix, noisettes, châtaignes et noix de pécan sont les seuls véritables représentants de cette famille, mais en pratique, le terme «noix» englobe les amandes, les noix de cajou, les noix du Brésil, les pistaches et les arachides. Tous ces fruits sont des collations extraordinaires, dont les effets positifs sur la santé demeurent souvent insoupçonnés, parfois même pour des aliments qui font depuis toujours partie de notre quotidien. Par exemple, une étude indique que les jeunes filles qui mangent régulièrement du beurre d’arachide ont 40 % moins de risques de développer des maladies prolifératives bénignes du sein, des lésions qui augmentent significativement le risque futur de cancer.

 

Ajouter des graminés partout!

Composés phytochimiques : Acide linolénique, lignanes (secoisolaricirésinol, matairésinol)

Principaux cancers : Sein, côlon

Comme les noix, les graines de lin sont une source exceptionnelle d’oméga-3 antiinflammatoire à courte chaîne, et il est probable que leur consommation régulière permet de réduire l’inflammation chronique et de générer un climat réfractaire à la progression des cellules cancéreuses. 

À cet égard, il est intéressant de noter que des patients atteints d’un cancer de la prostate voient la croissance de leur cancer significativement ralentir suite à la consommation quotidienne de 30 g de graines de lin moulues pendant un mois.

Les graines de lin, de même que les grains entiers, contiennent également des quantités phénoménales de lignanes, une classe de phytoestrogènes distinctes des isoflavones du soja.

Les études indiquent que la consommation de graines de lin ou de pain fabriqué avec ces graines est associée à une réduction d’environ 20 % du risque de cancer du sein, en accord avec l’effet protecteur observé pour les lignanes provenant d’autres végétaux. Cette diminution du risque pourrait être liée à une réduction de l’inflammation, car la présence de grandes quantités de lignanes urinaires s’accompagne d’une diminution de plusieurs marqueurs inflammatoires.

L’inclusion de graines de lin aux yogourts, céréales du matin, ou même lors de la confection de gâteaux représente donc une façon facile et peu coûteuse de profiter de leurs bienfaits. Les produits fabriqués à partir de grains entiers (pain, céréales, pâtes alimentaires) représentent aussi une approche intéressante, car en plus de contenir des quantités appréciables de lignanes, ces aliments sont des sources importantes de fibres et peuvent ainsi jouer un rôle important dans la prévention du cancer colorectal.

 

Un verre de rouge, à votre santé!

Composés phytochimiques : Resvératrol

Principaux cancers : Côlon

Le vin rouge est un breuvage très complexe qui contient plusieurs milliers de composés phytochimiques, dont le resvératrol, l’une des seules molécules d’origine nutritionnelle à pouvoir agir simultanément sur plusieurs étapes essentielles à la croissance des cancers, en particulier ceux du côlon.

La clé pour profiter des bienfaits du vin rouge demeure cependant la modération, car, à fortes doses, l’alcool est extrêmement nocif pour les cellules et augmente considérablement les risques de plusieurs cancers, notamment ceux de la bouche, du foie et du sein. 

 

Soja, miso et cie

Composés phytochimiques : Génistéine

Principaux cancers : Sein

Les fèves de soja sont une riche source d’isoflavones, une classe de phytoestrogènes qui interfèrent avec la croissance des cancers hormono-dépendants, en particulier ceux du sein et de la prostate.

Pour le cancer du sein, les données actuellement disponibles indiquent que c’est la consommation de soja durant l’enfance et l’adolescence qui est le plus étroitement associée à une diminution du risque, ce qui expliquerait, au moins en partie, l’énorme différence d’incidence de ce cancer qui existe entre les Asiatiques et les Occidentaux.

Au cours des dernières années, la consommation de soja par les femmes touchées par un cancer du sein a soulevé certaines interrogations , mais un grand nombre d’études sans équivoque démontrent que le soja est absolument sans danger et serait même associé à une diminution importante du risque de récidive.

Les isoflavones du soja sont présentes en quantités importantes dans les fèves nature (edamame), le tofu ou encore le miso et ces aliments sont tous des façons simples, rapides et économiques de profiter des propriétés anticancéreuses de ces molécules.

Les produits industriels fabriqués avec des concentrés de protéines de soja sont quant à eux essentiellement dépourvus d’isoflavones et ne sont d’aucun intérêt pour la prévention du cancer. 

 

Manger du chocolat, c'est bon pour moi (si, si)!

Composés phytochimiques : Proanthocyanidines

Principaux cancers : Côlon

L’intérêt porté aux effets bénéfiques du chocolat noir provient de son abondance en composés phytochimiques : un seul carré de chocolat noir contient deux fois plus de polyphénols qu’un verre de vin rouge et autant qu’une tasse de thé vert longuement infusé.  Cet impact positif du chocolat noir est particulièrement bien documenté en ce qui concerne les maladies cardiovasculaires, a consommation régulière de 5 à 10 g de chocolat 70 % étant associée à une baisse importante (50 %) de la mortalité liée à ces maladies. Il est aussi intéressant de noter que ces effets cardiovasculaires se traduisent par une meilleure circulation du sang vers le cerveau, ce qui pourrait contribuer à l’amélioration significative de la mémoire et des fonctions cognitives observée à la suite de la consommation de chocolat.

Pour ce qui est du cancer, il a été observé que l’ingestion de 45 g de chocolat noir contenant 860 mg de polyphénols était associée à une diminution marquée des dommages à l’ADN des cellules sanguines causés par le stress oxydatif, ce qui réduit les risques de mutations pouvant initier un cancer. Ces résultats concordent avec plusieurs études précliniques qui ont montré que les polyphénols de la pâte de cacao ont une forte activité anticancéreuse et antiangiogénique et sont capables de retarder le développement de plusieurs types de cancers chez les animaux de laboratoire, notamment celui du côlon. Dans ce dernier cas, il est possible que cet effet protecteur soit lié à une réduction de l’inflammation, car la majorité des polyphénols du cacao atteignent le côlon, où ils sont transformés par les bactéries intestinales en acides phénoliques et en acides gras à courtes chaînes dotés de propriétés anti-inflammatoires. Au même titre que les fruits et légumes, l’inclusion du chocolat noir aux habitudes alimentaires pourrait donc avoir des bénéfices importants pour le bon fonctionnement de l’intestin et, par ricochet, pour la prévention du cancer colorectal.

Qui a dit que manger sainement était désagréable?

 

Encore un peu de café? Oui!

Composés phytochimiques : Caféine, acide caféique

Principaux cancers : Foie, sein, côlon, mélanome

Beaucoup plus qu’un simple stimulant, le café est en fait une boisson d’une grande complexité, qui contient un large éventail de molécules phytochimiques aux multiples activités biologiques.

 L’analyse d’une soixantaine d’études populationnelles indique que les buveurs réguliers de café ont un risque environ 20 % plus faible d’être touchés par un cancer que les personnes qui n’en consomment jamais ou très rarement. Cet effet protecteur est particulièrement bien documenté pour le cancer du foie, avec  une réduction d’environ 40 % moins de risques d’être touchée par cette maladie.

Une autre étude a également rapporté que les femmes qui boivent régulièrement du café voient leur risque d’être touchées par un cancer du sein diminuer de 20 %.

Le café pourrait aussi réduire significativement les récidives pour les femmes qui ont combattu un cancer du sein hormonodépendant et qui sont traitées avec le tamoxifène, la consommation modérée de café étant associée à une réduction de 50 % des récidives.

 

Des tomates, encore des tomates!

Aussi surnommée « pomme d’amour », les composés phytochimiques de la tomate sont  le Lycopène, la bêta-carotène, la lutéine, et la fucoxanthine

Principaux cancers : Prostate,  poumon, sein

Les caroténoïdes sont des pigments naturels responsables des colorations variant du jaune orangé au rouge violet d’un grand nombre de fruits et légumes.

Bien qu’il existe plus de 600 caroténoïdes distincts, le bêta-carotène (carottes), la lutéine (épinards) ainsi que le lycopène (tomates) représentent à eux seuls près de 80 % de l’apport en caroténoïdes et ces molécules ont été les plus étudiées jusqu’à présent.

Le lycopène de la tomate est le caroténoïde dont l’action anticancéreuse est la mieux établie.  La consommation régulière de produits à base de tomate est associée à une réduction épidémiologique d’environ 25 % du risque de cancer de la prostate, une protection qui peut même atteindre 53 % pour les formes avancées de cette maladie. Cet effet anticancéreux du lycopène est principalement observé chez les hommes de 65 ans et plus qui n’ont pas d’antécédents familiaux de cancers de la prostate.

Les autres caroténoïdes alimentaires ne sont cependant pas en reste, des apports élevés en alpha et bêta-carotène ainsi qu’en lutéine étant associés à une baisse significative du risque de cancer du sein et du cancer du poumon.

Cette action anticancéreuse n’est pas restreinte aux fruits et légumes «terrestres», car des études en laboratoire indiquent que la fucoxanthine des algues serait l’un des caroténoïdes doté de la plus forte activité anticancéreuse, une action qui pourrait contribuer à la longévité exceptionnelle des habitants d’Okinawa qui consomment ces aliments sur une base quotidienne.

La consommation de fruits et légumes entiers est essentielle pour profiter des bienfaits des caroténoïdes.

 

Dans l’ail et l’oignon, tout est bon!

Composés phytochimiques : Allicine, diallyl sulfide, diallyl trisulfide

Principaux cancers : Œsophage, estomac, côlon

L’ail est possiblement le plus vieil exemple d’une plante utilisée autant pour ses propriétés nutritives que ses impacts positifs sur la santé.

Considéré par les Égyptiens et les Grecs comme un aliment qui donnait force et endurance (les premiers Olympiens étaient gavés d’ail avant les compétitions, ce qui en fait la première substance améliorant les performances athlétiques de l’histoire!), l’ail était aussi un ingrédient indispensable aux médecines traditionnelles des premières civilisations, étant utilisé depuis la plus haute antiquité comme remède à une grande variété de conditions, allant des infections aux problèmes de circulation, de respiration ou de digestion.

Plusieurs études populationnelles indiquent que les personnes qui consomment régulièrement des légumes de la famille de l’ail (ail, oignon, échalote, ciboulette, poireau) sont moins à risque de développer certains types de cancers, en particulier ceux du système digestif (estomac, œsophage, côlon). Un effet protecteur contre les cancers de la prostate, du pancréas et du sein a aussi été rapporté.

L’ail et ses proches parents représentent donc des végétaux indispensables à la prévention du cancer; en l’occurrence, il importe d’en manger le plus régulièrement possible. L’Organisation mondiale de la santé recommande aux adultes de consommer quotidiennement de 2 à 5 g d’ail frais (soit environ une gousse).

 

Petits fruits, grandes qualité!

Composés phytochimiques : Anthocyanines (delphinidine), acide ellagique

Principaux cancers : Sein, côlon

Les fraises, bleuets et framboises sont des sources exceptionnelles de composés phytochimiques anticancéreux.

Par leurs propriétés, ces petits fruits sont capables d’interférer avec plusieurs processus impliqués dans la croissance et le potentiel invasif des cellules cancéreuses.

D’une part, les polyphénols comme la delphinidine (bleuet) ou l’acide ellagique (framboise et fraise) bloquent l’activité de protéines essentielles à la formation d’un nouveau réseau sanguin à proximité des tumeurs (angiogenèse), les privant de leur approvisionnement en oxygène et en molécules nutritives.

D’autre part, des études récentes indiquent que la consommation d’une seule portion de bleuets par semaine est associée à une réduction de 31 % du risque de cancer du sein hormono-indépendant chez les femmes ménopausées.

Les bleuets pourraient également exercer un impact positif indirect sur le risque de cancer en bloquant spécifiquement la transformation des préadipocytes en adipocytes matures, ce qui réduit l’accumulation de graisse et prévient le développement de l’obésité, un important facteur de risque de plusieurs types de cancers.

Dans la même veine, l’analyse des habitudes alimentaires de plus de 200 000 Américains révèle que les personnes qui consomment deux portions hebdomadaires d’aliments riches en anthocyanines, notamment les bleuets, ont 25 % moins de risques d’être touchées par le diabète de type 2 et sont donc moins exposées à l’augmentation du risque de cancer qui accompagne l’hyperglycémie chronique.

La saison des petits fruits étant relativement courte, il est d’usage de les conserver pour consommation ultérieure.

La congélation des fruits entiers est considérée comme la méthode de choix pour préserver autant l’intégrité des fruits que leur contenu en composés phytochimiques. Les confitures représentent également une approche valable, car une analyse des polyphénols associés aux fraises conservées de cette façon ne montre aucune perte significative après 5 mois d’entreposage à 25 °C.

La cuisson prolongée des petits fruits et leur entreposage subséquent, sous forme de tartes par exemple, semblent cependant plus problématiques.

 

Allons cueillir des champignons

Composés phytochimiques : Polysaccharides (ex. lentinane)

Principaux cancers : Sein

Au-delà de leurs propriétés culinaires, les champignons ont de tout temps représenté une composante importante des médecines traditionnelles de plusieurs pays, en particulier en Asie.

En ce qui a trait à la prévention du cancer, les résultats des études épidémiologiques qui ont examiné la relation entre la consommation de champignons et la réduction du risque de développer un cancer sont encourageants.

Par exemple, une analyse de plusieurs études réalisées sur l’impact des champignons sur le cancer du sein a démontré que la consommation quotidienne de 10 g de champignons est associée à une réduction d’environ 20 % du risque. Il semble que cet effet protecteur serait associé à une hausse de l’activité du système immunitaire par les composés actifs des champignons qui augmentent les chances de pouvoir contrôler les tumeurs naissantes et de les empêcher d’atteindre un stade mature.

 

Je t'aime mon chou... les crucifères, ces amis qui nous veulent du bien

Composés phytochimiques : Sulforaphane, PEITC, I3C

Principaux cancers : Poumon, vessie, prostate

Les crucifères sont une famille de plantes qui possèdent la caractéristique commune de produire des fleurs à quatre pétales, disposés en croix grecque.

Les différentes formes de choux, le brocoli, le chou-fleur, le radis et le navet, sont les principales crucifères consommées, mais le cresson, la roquette ou le rapini font aussi partie de cette famille et offrent l’opportunité de profiter des bienfaits des crucifères tout en ajoutant une touche de variété aux expériences culinaires.

L’importance de ces légumes pour la prévention du cancer vient du fait qu’ils sont les seuls végétaux de l’alimentation à contenir des quantités importantes de glucosinolates, une classe de composés inertes, mais qui sont transformés en puissantes molécules anticancéreuses (isothiocyanates et indoles) à la suite du bris des cellules végétales lors de la mastication :

  • Glucosinolates
  • Myrosinase
  • Isothio-cyanates
  • Détoxification cancérigènes
  • Arrêt prolifération cellules cancéreuses
  • Mort des cellules cancéreuses

La consommation régulière de crucifères est associée à une réduction significative du risque de plusieurs types de cancers. Cet effet protecteur est particulièrement bien documenté pour les cancers du poumon (même chez les fumeurs), de la vessie  et de la prostate, mais des études récentes suggèrent que ces légumes pourraient aussi réduire le risque des cancers du côlon, de l’estomac  et du sein .

Le meilleur moyen de profiter au maximum des propriétés anticancéreuses des crucifères est de les cuire à la vapeur ou en sautés, pour maximiser leur contenu en isothiocyanates.

Exceptionnellement, pour cette famille de légumes, les produits surgelés sont quant à eux à éviter autant que possible, car le blanchiment à température élevée, nécessaire à la conservation des légumes, inactive la myrosinase. 

Par contre, des travaux récents indiquent que l’addition d’un extrait de radis à ces légumes permet de compenser cette perte de l’enzyme et ces produits pourraient donc s’avérer intéressants dans un proche avenir .

 

La pêche, bénéfique pour nos seins

Composés phytochimiques : Acides cholorogéniques

Principaux cancers : Sein

La pêche, tout comme ses proches parents botaniques de la famille Rosaceae (prune, poire, pomme), contient des quantités importantes d’acides chlorogénique et néochlorogénique, deux polyphénols qui contribuent aux propriétés anticancéreuses de ces aliments.

Par exemple, des extraits de pêche contenant les acides chlorogénique et néochlorogénique sont capables de bloquer spécifiquement la croissance de cellules cancéreuses du sein, tandis qu’ils n’ont aucun effet sur les cellules normales, non cancéreuses. Dans des modèles précliniques, cet effet inhibiteur se traduit par une réduction importante de la croissance tumorale et de la formation de métastases, et ce, à des quantités de polyphénols pouvant facilement être atteintes par l’alimentation (deux pêches). Ces observations concordent avec des études récentes qui montrent que la consommation régulière de pêches et de nectarines est associée à une réduction importante (40 %) de certains types de cancers du sein. Dans l’état actuel des connaissances, il n’y a donc pas de doute que les pêches et nectarines représentent des ajouts très intéressants à l’alimentation de toute personne qui désire réduire son risque de cancer du sein.

 

Citron, pamplemousse, orange, ces agrumes qui protègent notre estomac

Composés phytochimiques : Monoterpènes, flavanones

Principaux cancers : Estomac

Surtout reconnus pour leur contenu élevé en vitamine C, les agrumes contiennent également plusieurs composés phytochimiques (polyphénols et monoterpènes) qui peuvent contribuer à la prévention du cancer.

Les études réalisées en laboratoire suggèrent que ces molécules sont actives contre plusieurs types de cellules cancéreuses et les données épidémiologiques indiquent que la consommation régulière d’agrumes est associée à une réduction du risque des cancers de l’estomac et de l’œsophage.

Les agrumes influencent aussi indirectement le risque de cancer, en modulant les systèmes enzymatiques impliqués dans l’élimination des substances étrangères de l’organisme.

Les agrumes sont très souvent consommés sous forme de jus et il faut garder en tête que ces boissons sont très sucrées, et l’absence de fibres entraîne une absorption très rapide du glucose et du fructose qu’ils contiennent.  

Redécouvrir le plaisir associé à manger une orange ou un pamplemousse entier représente donc une bonne façon de profiter des bienfaits de ces fruits exceptionnels, tout en évitant les variations trop brusques de la glycémie qui peuvent contribuer au surpoids

Tiré du livre Les aliments contre le cancer, la prévention du cancer par l'alimentation. Copyright © 2016. Extrait avec la permission de Groupe Librex. Tous droits réservés. Cet extrait ne peut être reproduit ou publié en totalité ou en partie sans la permission écrite de l’éditeur.

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