Chroniques culinaires

Lundi sans viande: pour la santé et l'environnement

Auteur : Import Process

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Lundi sans viande: pour la santé et l'environnement

Les Québécois sont invités à joindre le mouvement Lundi sans viande et à bannir les protéines animales de leur menu une journée par semaine pour améliorer leur santé et protéger l'environnement.

Le mouvement du lundi sans viande fait son apparition au Québec à l'initiative des Amis de la Terre de Québec et de l'Association végétarienne de Montréal. Leur campagne, lancée en mars 2010, vise à convaincre les Québécois de remplacer leurs repas de viande par des mets végétariens à base de légumineuses, de noix et graines, de céréales, de légumes et de fruits au moins une fois par semaine. Leur but: sensibiliser la population à l'impact de ses choix alimentaires sur la planète et ses habitants. Pour les organisateurs de la campagne, réduire sa consommation de viande c'est améliorer sa santé, aider l'environnement et poser un geste éthique.

Le Québec emboîte ainsi le pas aux États-Unis (Meatless Monday), à l'Angleterre, la Hollande, au Brésil, à la Finlande, la France, à la Belgique (le jeudi dans leur cas) et au Canada anglais, qui possèdent tous leur campagne.

Les lundis sans viande ou Meatless Mondays ont vu le jour en 2003 au département de la Santé publique de l'Université Johns Hopkins à Baltimore (États-Unis). L'objectif premier du programme était de convaincre les Américains de diminuer de 15 % leur consommation de gras saturés afin de prévenir les risques de maladies graves comme le cancer, le diabète, le cholestérol élevé et les maladies coronariennes. En 2009, l'argument écologique s'est ajouté à celui de la santé. Dans une étude datant de 2006, l'Organisation des Nations Unies pour l‘Alimentation et l‘Agriculture indiquait que l'élevage était responsable de 18 % des émissions annuelles des gaz à effet de serre (GES) dans le monde 1, plus que tous les moyens de transport réunis.

 

Moins de viande pour la santé et l'environnement

Réduire sa consommation de viande aurait un effet bénéfique pour la santé. En effet, en augmentant sa consommation de légumineuses, de noix et de soya, on ajoute des phytoprotecteurs, des antioxydants et des fibres à son alimentation, tout en réduisant l'apport en gras saturé et en cholestérol. Substituer des repas de viandes par des plats végétariens permet donc de réduire les risques de cancers, de maladies cardiaques, d'obésité, d'hypertension artérielle, de diabète, de maladies rénales, etc.

La consommation importante de viande exerce également une énorme pression sur les ressources de la planète et contribue à la dégradation de l'environnement. Par exemple, une alimentation à base de produits animaux requiert en moyenne 4,5 fois plus de superficie agricole qu'une alimentation à base de végétaux. 2 Et il faut 6 kg de céréales pour produire 1 kg de boeuf et de 6 à 20 fois plus d'eau pour produire une protéine animale que pour produire une protéine végétale.

De plus, l'élevage des animaux contribue à plusieurs problèmes environnementaux tels que la déforestation, la désertification, l'érosion des sols, la pollution des sols et de l'eau, les pluies acides, les algues bleu-vertes et la destruction de milieux naturels, indiquent les organisateurs de la campagne.

Une question d'éthique

Le site de la campagne Lundi sans viande fait aussi référence à l'aspect éthique de la production de viande et à la condition de vie des animaux dans les fermes industrielles. Un sujet qui beaucoup fait jaser avec la sortie du film Food Inc., la publication du livre Eating Animals, de Jonathan Safran Foer, et les apparitions publiques de Georges Laraque au sujet du film Terriens dont il assure la narration en français.

 

Une journée sans viande à la fois

Le choix d'y aller une journée à la fois permet à ceux qui s'engagent dans la campagne de constater qu'il n'est pas si difficile de se priver de viande. L'exercice permet également de diversifier son alimentation et de se rendre compte que la viande n'a pas toujours besoin de jouer le rôle principal dans l'assiette. La campagne ne vise pas à éliminer la viande du menu des Québécois, mais d'en réduire la consommation. Le principal étant de faire comprendre les effets des habitudes alimentaires sur la santé et l'environnement.

Le lundi est suggéré parce qu'il semblerait que lorsque l'habitude se prend en début de semaine, les gens ont plus tendance à la conserver pour le reste de la semaine.

Le mouvement Lundi sans viande collectionne les appuis de personnalités publiques diverses, dont le hockeyeur Georges Laraque, les comédiennes Anne Dorval et Patricia Tulasne, la productrice Julie Snyder, l'animateur de radio Jacques Languirand, le cinéaste Xavier Dolan et la nutritionniste Anne-Marie Roy.

Les restaurateurs seront également invités à mettre au menu au moins un plat végétarien tous les lundis. La liste des restos participants sera publiée dans le site lundisansviande.net, où des recettes sont également proposées pour augmenter la proportion de légumineuses, de noix, de céréales, de fruits et de légumes dans l'assiette. Enfin, la coalition aidera dans ses démarches les entreprises, institutions, municipalités ou groupes de citoyens intéressés à prendre part à cette campagne.

Trucs pour manger sans viande

  • Aller dans un restaurant végétarien

  • Cuisiner un nouveau mets

  • Adapter une recette favorite

Pour remplacer la viande

  • Utiliser des légumineuses ou des noix

  • Utiliser du tofu ou un sous-produits de soya

  • Alternatives fausses viandes

Pour remplacer les oeufs

  • Graines de lin moulues

  • Bananes en purée

  • Compote de pomme

  • Substituts d'oeufs

  • Tofu soyeux

Pour remplacer les produits laitiers

  • Laits végétaux (soya, riz, amande, céréales)

  • Laits de noix

 

Saviez-vous que?

53 milliards d’animaux sont consommés à chaque année dans le monde, dont 650 millions au Canada.

 

Références

(1) Organisation des Nations Unies pour l‘Alimentation et l‘Agriculture, L'élevage aussi est une menace pour l'environnement, 29 novembre 2006.

(2) Martin, Pamela, Study analyzing the environmental impact of an American diet based on meat versus a diet based on Vegetables, University of Chicago, 2009.

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