Auteur : Import Process

Devrait-on considérer son armoire à épices comme une pharmacie? Voici les dernières nouvelles sur les épices et leurs effets sur la santé.

Du curcuma contre le cancer

Il y aurait un certain consensus dans la communauté scientifique à l'effet que le curcuma expliquerait les écarts énormes dans les taux de certains cancers en Inde et dans les pays Occidentaux. Par exemple, chez les hommes, il y aurait huit fois plus de cancers du côlon aux États-Unis qu'en Inde. C'est la curcumine, qui donne la couleur jaune au curcuma, qui serait responsable des propriétés anticancéreuses. Et même si la curcumine est faiblement absorbée par le corps, il est possible d'en augmenter l'absorption de plus de 1000 fois en présence de la pipérine du poivre... et le poivre a toujours été un constituant essentiel du cari.

Produit d'un jaune éclatant, le curcuma provient d'un rhizome séché de la plante Curcuma longa, de la même famille que le gingembre. Considéré comme une épice sacrée en Inde et en Indonésie, le curcuma a toujours occupé une place importante dans la tradition culinaire et médicinale de ces pays. Les Indiens en consomment en moyenne de 1,5 à 2 g par jour, soit l'équivalent d'environ ½ à 1 c. à thé. En effet, le curcuma entre dans la composition du mélange d'épices du cari. La médecine chinoise l'utilise également pour ses propriétés bénéfiques sur la santé.

Selon Gregory Cole, directeur associé du Alzheimer's Disease Center de l'Université de Californie, le curcuma pourrait possiblement avoir des effets bénéfiques dans le traitement de maladies du cerveau, mais d'autres recherches sont encore nécessaires. L'addition de curcuma dans l'eau de cuisson du riz, dans un bouillon de poulet, dans une mayonnaise ou l'utilisation de cari est une façon simple et sécuritaire d'augmenter son apport en curcumine et de profiter de ses effets... sans oublier le poivre!

 

La cannelle, riche en antioxydants

La cannelle provient de l'écorce interne du Cinnamomum verum ou cannelier. Elle est très appréciée pour sa saveur parfumée et ses propriétés médicinales, et ce, depuis l'Antiquité. En tibétain, on l'appelle d'ailleurs Shing-tsha ou «bois épicé». Selon une étude parue dans l'American Journal of Clinical Nutrition en juillet 2006, la cannelle moulue est classée au quatrième rang parmi les 50 aliments renfermant le plus d'antioxydants par portion de 100 g. Et même si 100 g de cannelle équivaut à 50 cuillerées à thé, la portion habituelle de cannelle (soit 1 c. à thé) est tout de même assez concentrée en antioxydants pour apporter une contribution non négligeable à notre alimentation quotidienne.

Outre sa teneur en polyphénols (des antioxydants), la cannelle est riche en fibres. Les fibres constituent plus de la moitié de son poids: 5 ml de cannelle renferme 1,3 g de fibres. Elle contient également du fer et du manganèse, un minéral qui participe à la prévention des dommages causés par les radicaux libres.

 

Des bienfaits pour les diabétiques

Plusieurs études ont démontré que de petites quantités de cannelle peuvent augmenter la sensibilité à l'insuline et abaisser le glucose sanguin chez les personnes diabétiques. En fait, aussi peu que 1 g (environ 2 ml ou ½ c. à thé) abaisserait de 30 % le glucose sanguin. L'ingrédient actif de la cannelle, les polyphénols, augmenterait la sensibilité à l'insuline, soit par la stimulation de la cellule à répondre au signal de l'insuline de retirer le glucose de la circulation sanguine. Les taux de cholestérol sanguin et de triglycérides s'en trouveraient également diminués; possiblement parce que l'insuline joue un rôle clé dans la régulation des gras dans le corps. C'est ce qu'a démontré Richard Anderson et ses collègues du U.S. Department of Agriculture's Diet, Genomics and Immunology Lab dans une étude effectuée en 2003, auprès de 60 sujets atteints de diabète.

Un peu de cannelle sur le gruau du matin, dans le bol de granola ou sur la mousse de lait du café ne peut pas faire de mal et ajoute du goût. Mais il ne faudrait pas exagérer, car un composé de la cannelle, la coumarine peut être toxique à fortes doses et l'huile de cannelle en est particulièrement riche. Alors, dans le cas des suppléments, on s'en tient à ceux contenant des extraits à base d'eau. De plus, des suppléments de cannelle ne devraient pas être consommés sans obtenir l'avis du médecin, il pourrait y avoir possibilité d'interactions avec certains médicaments.

 

Du gingembre contre les nausées

Le Zingiber officinale ou gingembre est un rhizome utilisé depuis plus de 6000 ans en Asie, entre autres pour le traitement des maux d'estomac, de la diarrhée et des nausées.

Le gingembre a bel et bien un effet apaisant sur la nausée et les vomissements. Depuis 1991, quatre études dignes de mention ont établi l'efficacité et l'innocuité du gingembre (en poudre ou en extrait) dans le traitement des nausées du matin chez les femmes enceintes. On recommande de s'en tenir à l'équivalent de 2 g de gingembre séché ou 10 g de gingembre frais par jour. Le gingembre agirait probablement en bloquant les récepteurs de la sérotonine dans le tractus intestinal en empêchant la sérotonine d'y aller et ainsi de causer la nausée. De plus, aucune donnée scientifique ne permet à Santé Canada de contre-indiquer l'absorption de gingembre durant la grossesse. Et la Société canadienne des obstétriciens et gynécologues du Canada abonde dans le même sens, dans la mesure où la dose ne dépasse pas 1000 mg de gingembre moulu par jour. Point à souligner, il pourrait théoriquement y avoir une possibilité d'interactions avec certains médicaments prescrits aux personnes cardiaques.

Alors, il est possible de croire que l'utilisation quotidienne de curcuma, cannelle et de gingembre est une façon simple, rapide et économique de bénéficier de leurs effets sur la santé tout en ajoutant saveur et exotisme à notre alimentation. Vive le cari... qui contient les trois «fameuses» épices!

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Chroniques culinaires

La santé par les épices?

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